C'était ça ou ne pas le lire

En ce qui concerne Gorillaz, je ne m'étendrai pas sur le sujet. C'était la tournée The Mountain et je voulais que Damon Albarn et ses collaborateurs livrent l'album intégralement, sans changer l'ordre des chansons, un peu comme l'avait fait Wilco au MTelus en 2015 pour son album Star Wars.
J'ai eu droit à une vue légèrement obstruée (c'était écrit sur le billet après l'achat) et au tiers des chansons de l'album. Malgré ma déception, j'ai été fasciné par la prestation de Damon Albarn.
Sur scène, il a joué le Happy Dictator (troisième chanson de l'album) en exerçant une emprise totale sur le public.
Très généreux, il distribuait les colleux à profusion à des admirateurs conquis d'avance (au féminin aussi), au grand dam des gardiens de sécurité qui veillaient au grain en bordure de la scène.
Évidemment, mon moment fort fut l'interprétation de Orange County. J'ai sifflé en retournant au bureau le lundi matin.
Pour moi, un album d'inspiration indienne et moyen-orientale, ça ne se mélange pas avec d'autres musiques. C'est le même principe qui me guide lorsque je prépare des plats au cari. Je n'y ajoute jamais des herbes de Provence!
Est-ce que j'ai été conquis? Bien sûr! Mes attentes étaient totalement irréalistes. Mais c'est toujours bon de rêver.
Si j'ai lu C'était ça ou mourir, c'est qu'un collègue de travail a eu le malheur de qualifier cette lecture d'essentielle. J'ai horreur que l'on fasse ça!
Ça pique ma curiosité et ensuite ça me pique au vif. Ça me met dans un état inconfortable de FOMO et me donne l'impression que je ne suis plus maître de mon destin.
Je lis uniquement ce que JE décide qui en vaut la peine. La foule ne décide JAMAIS pour moi. Et pour qu'un collègue m'influence, il faut qu'il me dise que telle ou telle lecture est facultative. Ça s'appelle le libre arbitre.
De quel droit peut-on décider ce qui est essentiel pour MOI? Quelle mouche a piqué cet influenceur?
Pour ma part, je n'ai jamais qualifié Don Quichotte (mon livre fétiche) de lecture essentielle. Si l'on voulait dresser la liste des lectures essentielles, il faudrait une IA à temps plein qui lit tout depuis le début des temps (ou de l'écriture) et qui connaît parfaitement nos goûts!
Cela dit, votre lecture de mon blogue, à coup de deux ou trois minutes a fortiori, est plus qu'essentielle. Je compte sur votre discipline rigoureuse, chacun des dix-neuf d'entre vous.
Pour revenir à C'était ça ou mourir, ce que j'en ai pensé n'a aucune importance. Je ne suis pas critique littéraire, seulement un musicien manqué qui tente de coucher des harmonies sur papier grâce à une succession de lettres échappées d'un cerveau en ébullition.
En ce qui concerne l'usage de l'intelligence artificielle, le seul endroit où j'y ai vraiment cru est à la page 141, dans laquelle j'ai trouvé quelques métaphores étranges.
Fiévreux comme un prophète de bas étage et Sec comme un évangile sans foi.
J'aurais préféré fiévreux comme un individu grippé cloué au lit depuis trois jours et sec comme un biscuit Premium Plus fraîchement sorti de son emballage.
Je sais que je ne peux pas prétendre au Renaudot ou au Goncourt avec ça. C'est juste une préférence personnelle.
C'était ça ou mourir m'a appris la richesse des métaphores et l'implacable dureté de notre monde.
J'en ressors avec la profonde conviction que mes souliers trop serrés qui me font mal parfois ne me font pas vraiment mal. Je devrais les acheter plus larges, cela dit.
Le récit a aussi renforcé mon impression que la bienveillance, soeur de l'amour, est la plus belle des qualités, celle qui a le plus de chances de nous sauver.
Que nos vies tiennent à peu de choses, que les coups du destin sont possibles. Que les mots peuvent frapper fort, nous ébranler, et changer nos lendemains. Même si l'on dit aussi que Action speaks louder than words.
Après avoir terminé cette lecture, je me sens un peu plus lucide, un peu plus proche des autres, et un peu plus fatigué (j'ai lu parfois aux petites heures).
J'ai néanmoins le goût de marcher, encore et encore. Incluant pour monter l'escalier interminable du métro Bonaventure. Et sous la pluie aussi.
Tout ça pour aller plus loin. Toujours plus loin. Ça ne paraît peut-être pas. Mais à ma manière bien personnelle, je reviens de loin.
Je suis fier du chemin parcouru. Et je continue, un pied à la fois. Pour me rapprocher le plus possible de mon humanité... et de celle des autres.
Les pieds sont le socle de l'humanité.






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