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Une union plus que parfaite

  • Photo du rédacteur: Vtunes
    Vtunes
  • 10 juil.
  • 3 min de lecture

Quand je parle d'une union plus que parfaite, je ne fais pas référence à la constitution américaine de 1787, ni au discours d'Obama en mars 2008, ni à la chanson A More Perfect Union du groupe Titus Andronicus (2010).


L'union plus que parfaite à laquelle je fais référence est celle qui a été scellée à jamais le 4 juillet 1959 entre deux amoureux désormais célèbres: Pierrette et Guy.


L'indépendance, ce n'était pas pour eux. En cette journée de célébration américaine, ils ont préféré le voile au drapeau. Ils ont changé d'état.


Unis, pour le meilleur et pour l'avenir, ils n'ont jamais regardé en arrière. Tellement que cette année, leur mariage, après avoir atteint l'âge d'or il y a deux ans, en est maintenant rendu à la majorité des deux tiers.


Il faut reconnaître qu'ils sont beaucoup plus Européens qu'Américains. C'est ce qui explique pourquoi après huit années productives à préparer la prochaine génération, ils se sont envolés en direction de l'Angleterre.


Là-bas, ils ont trimballé leur marmaille de ville en village, d'appartement en appartement, dans les autobus à deux étages, tout en leur faisant l'école à la maison pour qu'ils ne prennent aucun retard sur le programme québécois.


Ils avaient beau être à l'étranger et quelque peu sans le sou, ils n'ont connu là-bas ni crise du logement, ni crise d'adolescence. Leur amour ne faisait que s'épanouir en terre anglaise.


Je présume aussi que c'est lors de ce voyage qu'ils sont devenus tous deux flegmatiques. Il fallait bien l'être pour dénicher des logements pouvant accueillir quatre enfants!


La vie à l'étranger est toujours parsemée d'embûches. C'est ce qui explique qu'un beau matin, ils décidèrent de reprendre pays, le bon cette fois. Celui qui allait devenir le meilleur au monde.


Même au retour, leur amour continuait de s'épanouir, malgré que c'est toujours un peu déprimant revenir d'un long voyage à l'étranger.


Pour se désennuyer, ils firent creuser une piscine. J'ai bien beau avoir assisté à presque toutes les étapes de sa construction, aujourd'hui je ne suis pas plus habile de mes mains. Mais je suis bon nageur!


Pendant plus d'une décennie, ils ont vu déferler les nombreux amis des enfants dans la piscine. Leur hospitalité était proverbiale. On peut dire que tout baignait.


Tu te rappelles le dimanche, autour de la table, ça riait discutait, pendant que Maman nous servait.


Dans la Ford Granada, ils nous ont amenés cette fois dans presque tous les états, sauf le cinquante-et-unième. Jusqu'à Hemingway. On est revenus en pleine tempête de neige, comme si de rien n'était.


Un peu plus tard, le Québec a voulu se séparer, mais eux ne pensaient qu'à s'aimer. Ils ont donc continué.


Jusqu'au jour où la marmaille commença à quitter le cocon familial. Tout baignait encore, c'est juste qu'il y avait moins de monde. À travers ces départs, ils gardaient le sourire et leur amour s'épanouissait toujours.


Plusieurs enfants se marièrent aussi. Le temps de claquer des doigts, il y eut dix petits-enfants. Puis la maison était devenue beaucoup trop grande. Même si les plates bandes restaient les plus belles du voisinage.


Les amoureux ne se foutaient pas du monde entier, mais ils étaient tannés du rez-de-chaussée. En pleine pandémie, ils fuirent à l'anglaise et grimpèrent très haut dans un condo, poursuivre leur vie de bons vivants.


Toute personne qui s'aventure au huitième ciel sera accueillie avec un sourire et pourra voir à quoi ressemble le grand amour.


Celui qui dure et ne passe jamais. Qui inspire et qui transpire. Pour le meilleur et pour l'avenir.




 
 
 

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