De la joie dans la demeure ou un après-midi à Leipzig
- Vtunes

- il y a 2 jours
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Depuis ma tendre enfance, cet air de Bach, dernier choral de la cantate Herz und Mund und Tat und Leben, aussi connu sous le nom de na na na na na na na na na na na na na na na na na na na na na... (moins le Goodbye) provoque chez moi une soudaine et irrésistible envie de devenir luthérien.
Il a même le pouvoir de me détourner temporairement de Air on a G String, de la Passion selon Saint-Mathieu et du Clavier bien tempéré, ce qui en dit long sur sa capacité à me transporter ailleurs.
On aurait dit Leipzig, mais la Saxe dont je vous parle, c'était bel et bien Montréal, en plein coeur du plateau Mont-Royal, dans la magnifique église Saint-Jean-Baptiste, en un bel après-midi de mai.
Les vitraux avaient revêtu leurs habits les plus lumineux, aidés en cela par un soleil généreux, distribuant ses rayons avec une précision géométrique.
Le cadre était parfait pour permettre à l'Ensemble vocal Katimavik de nous offir un autre concert mémorable, construit autour de cantates triées sur le volet et de quelques extraits d'oratorios.
Une proposition que j'ai préférée aux matchs enlevants de Roland-Garros, au duel épique opposant Arsenal au PSG ou encore à la demi-finale du championnat du monde de hockey entre le Canada et la Finlande.
Choeur et orchestre étaient au rendez-vous pour nous faire vivre une riche gamme d'émotions.
Entre les cantates, le directeur artistique a raconté avec passion quelques anecdotes sur la vie de Bach, incluant son parcours musical et ses talents de pédagogue, mais évoquant également sa foisonnante production d'êtres humains.
Papa vingt fois, on ne voit pas ça souvent! J'ajoute donc le sens de la famille aux qualités du célèbre luthérien.
Pour revisiter la cantate 147, j'aime bien me tourner vers l'orchestre de Nikolaus Harnoncourt, mais l'extrait vidéo que je joins à ce blogue provient des Pays-Bas.
J'espère que vous aurez le goût de prendre 3 minutes pour le visionner!
Quand j'écoute Bach, je me demande toujours si le fait de devenir orphelin à l'âge de dix ans a contribué à son génie musical ou s'il est parvenu à son génie malgré les épreuves. Ou grâce à sa foi?
On peut avoir foi en beaucoup de choses dans la vie. Mais ce qui nous rassemblera toujours le plus, c'est l'amour et la compassion.
Est-ce que ces valeurs vous viennent en tête à l'idée d'Agent Orange? J'en doute.
Quoi qu'il en soit, écouter le choeur et l'orchestre de l'Ensemble Katimavik mettre en valeur les magnifiques cantates de Bach m'a procuré des sensations comparables à celles de voir les prouesses du jeune Fonseca contre Djokovic sur l'ocre parisien.
Dans les deux cas, la fin fut une véritable apothéose: un extrait de l'oratorio de Noël de Bach vaut bien trois as d'affilée sous l'oeil médusé d'un détenteur de ving-quatre tournois du Grand Chelem!
Bach à Bach: tel était le programme annoncé. Il fut livré avec brio et émotion.
En même temps que les fleurs du lilas nain de Corée, du marronnier et de la spirée de Van Houtte attendaient mon retour en dansant au vent.











Commentaires