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Sprinting in Seattle

  • Photo du rédacteur: Vtunes
    Vtunes
  • il y a 14 heures
  • 3 min de lecture

Il y a plein de gens autour de moi. Et je ne suis pas misanthrope. Mais aujourd'hui, j'ai choisi d'être seul.


C'est la manière dont les introvertis "rechargent leur batterie", pour ensuite mieux revenir vers les autres.


J'avais peine à le croire, le soleil était au rendez-vous pour ma chasse au street art. À chaque pas que je faisais. À chaque coin de rue. À chaque battement de coeur.


J'ai donc sillonné le secteur du marché Pike avec comme seul GPS mon instinct. Avec une soif inaltérable de découverte. Et avec Sing de Blur comme musique de fond. Vous vous souvenez, le piano lancinant?


J'ai même annulé ma visite au musée afin de profiter de ce soleil inespéré, d'admirer une fois de plus les jonquilles et de faire mon marathon d'art de rue.


Tout à coup, un creu dans l'estomac. Dans ma vie, tous les films turcs que j'ai vus étaient remarquables. J'ai donc choisi le restaurant turc le plus proche. Dans la catégorie street food, ce fut du grand art. Le restaurant éthiopien devra attendre.


Quoi de mieux qu'une soupe aux lentilles rouges bien chaude pour apporter un peu de réconfort quand le sentiment de distance commence à peser un peu trop? Quand nos proches nous semblent de plus en plus loin.


En plein milieu de ce texte, une occasion unique de retrouver mon groupe sur un rooftop pour le coucher du soleil. L'art devra attendre. La recharge de batterie aussi.


Mais le coucher de soleil est prévu dans seulement quelques minutes. Et l'hôtel est loin. Je ne donne pas dans la facilité. Ce sera ni Uber, ni un bus, ni le monorail.


Il me faudra chausser mes souliers de course et offrir une performance digne de Forrest Gump, Bekele ou Bolt. Appelons cette discipline du sprint de fond (c'est un 1 200 mètres en réalité).


Dans ma précipitation, j'ai oublié de mettre mes pantalons de course. Ce sprint se fera donc en jeans. J'aime les contraintes.


Je m'élance avec détermination dans les rues de Seattle, ou pour être plus précis, sur la rue Stewart, celle qui mène partout et que je commence à aimer sérieusement.


Chaque fois que je vois un pictogramme de bonhomme blanc, je sprinte sans relâche avec pour objectif de parcourir le maximum d'intersections avant le prochain feu rouge.


J'arrive au 110 Stewart juste à temps pour voir les nuages cacher le soleil. Seattle tu me désespères.


Seulement une autre visite chez Donna's pourra effacer ma déception d'avoir interrompu mon inspiration pour un coucher de soleil manqué.


Roberto n'y est pas ce soir et c'est tant mieux. Il aurait certainement dévoré tout notre panier de choux de Bruxelles! Je préfère de loin mon équipe à Roberto.


La chasse a été payante aujourd'hui. J'ai trouvé des oeuvres qui m'ont procuré des émotions comparables à celles que j'ai ressenties lors de l'allocution de Harrison Ford à la cérémonie des Oscars.


On peut être introverti, mais on revient toujours vers les autres. Après un marathon ou un sprint, on a besoin de retrouver les siens.


Dès que je vais me poser à Dorval, je le sens déjà, je vais entamer une course à la Bekele pour retrouver les miens au plus vite.


Mais si jamais la fatigue me gagne, ou que mes vieux souliers flanchent, peut-être qu'un chauffeur de taxi éthiopien aura l'amabilité de me ramener au bercail. Car j'en ai vraiment envie.











 
 
 

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